Effritements du temps et du royaume en Catalogne,

Michel Bories 1987

oeuvre visible au Conseil Général des Pyrénées-Orientales

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Ce tableau a été réalisé pendant la période des écritures en 1987. Il est resté paisiblement accroché pendant vingt ans dans la chambre de son neveu Cyril. Doucement le temps a fait aussi son œuvre… Il a sapé, craquelé, détaché, arraché… la peinture s’est écaillée, et, en 1997, Michel a baptisé cette peinture : « Effritements du temps et du royaume en Catalogne ».

Tout autre peintre aurait masqué et restauré l’outrage du temps. Pas Michel. Par cet accident, par cette peinture qui se détache par morceaux, par la feuille qui se gondole… le tableau finissait son cheminement pour acquérir tout son sens. Effritements du temps et du royaume en Catalogne… dans ce titre empreint de nostalgie c’est toute la ténacité de l’identité catalane qui s’affirme. La terre catalane si chère à Michel Bories se faisait œuvre. Effritements… c’est l’histoire des Catalans qui résonne dans ce mot… En effet, de l’an mil jusqu’au traité des Pyrénées en 1659 se déroule la grande histoire des Catalans : celle du Comté de Barcelone, du Royaume de Majorque, puis, le rattachement à la couronne d’Aragon, enfin, la division de la terre catalane… Indépendance et soumission, grandeur et décadence, unité et effritement… Michel ne pouvait que relever la métaphore suggérée par cet accident dans sa peinture. Ici l’œuvre est soumise aux aléas du temps, à une peinture qui s’écaille, à la torsion du support. L’encadrement voulu par Michel en renforce l’effet : l’œuvre crayeuse, est comme posée sur une large caisse américaine, accrochée sur un mur que l’on espère blanc… Ces cadres blancs sur fond blanc donnent un sentiment de vertige et de plongée… comme un zoom sur la tragédie qui se déroule silencieusement sous nos yeux. Regardez mon Royaume se meurt…

La légende des siècles tombe en miettes ?... qu’importe ! Ces miettes portent l’œuvre autant que les aplats ou les collages. Probablement qu’un jour il ne restera que quelques vestiges blancs, épars, dispersées autour d’une composition carrée, rouge sang, et coiffée d’une espèce de blason solaire. Le rouge et l’or bien fixés et le masque blanc qui disparaît… comme une identité catalane bien réelle qui résiste quand tout le reste a disparu. Regardez mon Royaume se meurt mais son âme demeure… Belle leçon d’histoire…

Mais aussi, belle leçon de peinture : le peintre donne naissance, il baptise, Chronos détruit… tout ? Non… pour une fois Chronos n’aura pas dévoré son enfant… comme la vieillesse et la mort sont deux éléments de la vie, la dégradation peut être un élément de l’œuvre... par contre seul son créateur peut la détruire.

Laetitia Canal

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Le Maire des USA, (Alès, 1995)

oeuvre proposée en don au Président des États-Unis, Barak Obama

Exposition À l'état brut de Michel Bories

(1949-2001)

château royal de Collioure

du 1° septembre au 11 octobre 2009

en partenariat avec le Conseil Général des Pyrénées-Orientales

(2800 visiteurs, 65 pages de commentaires dans le livre d'or, 27 pays: Norvège, Suède, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Suisse, Autriche, Italie, Pologne, Roumanie, Lettonie, Estonie, Russie, Chine, Israël, Angleterre, Écosse, Pays de Galle, Irlande, France, Espagne, Catalogne, Canada, États-Unis, Mexique, Chili, 20 langues, 2 Horizons de 1982 au Musée d'art moderne de Collioure, 1 oeuvre à l'Hôtel du Département à Perpignan, un reportage télé, 3 articles dans la presse; des expositions en préparation à Alès, Nîmes, Saint-Rémy de Provence, Région Picardie...)

 

C’était sa peinture. À l’état brut. (vidéo sur le PofArt).

 

Une peinture de la première fois. Primitive et première. Une peinture qui, à la différence de l’homme, ne descendrait de personne. Une peinture sans origine. Un berceau – l’Afrique – n’est pas une origine. Une peinture dont le geste n’aurait ni commencement ni fin. D’un geste définitif auquel rien ne pourrait s’ajouter et qu’on ne reverrait donc pas. Peinture d’une seule fois. Car on ne sait l’origine de rien.

 

Une peinture hors du temps. L’homme blanc, dit-on en Afrique, a une montre mais il n’a pas le temps. Cet homme qui s’élance vers l’avenir comme vers son horizon naturel. Mais l’avenir, toujours à venir, est un non-être. Et l’horizon reste une ligne imaginaire qui recule quand on avance vers elle. Sur une montre peinte, les aiguilles ne bougent pas.

 

Une peinture lucide. Une peinture sans peinture. Qui ne se regarde pas peindre. Qui ne se pose pas la question de la peinture. Sans référence à la culture dominante ou dominée. Car il n’y a pas d’état sauvage ou innocent. Qu’est-ce qu’on regarde ? Une peinture à l’état brut, indifférente à la question de l’état brut. Sans école et sans postérité. D’elle-même son testament et la seule héritière.

 

François Carrassan, philosophe et critique d'art

 

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cet Horizon esr désormais visible au Musée d'art moderne de Collioure

 

La subway dress d'Aïdée Bernard

 

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Dans le sillage de Baïkala

poème de Jean-Claude Grosse

réalisation en papier végétal d'Aïdée Bernard

 

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Les 4 Saisons d'ailleurs
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