Le 1° atelier d'écriture plurielle a eu pour thème :

revisiter, 40 après, l’affaire Gabrielle Russier.

Le suicide, le 1° septembre 1969, à Marseille, de Gabrielle Russier, professeur de lettres, suite à une relation d’amour avec un de ses élèves depuis mai 1968, ce qui lui avait valu d’être poursuivie en justice pour détournement de mineur, à la demande des parents du jeune homme, d’être emprisonnée à deux reprises aux Baumettes puis jugée et condamnée, avec appel a minima par le Parquet, procédures témoignant de l’acharnement de la justice à son encontre, bouleversa l’opinion, marqua les esprits. L’opinion, après avoir été dans un premier temps plutôt favorable aux parents et hostile à Gabrielle, lors du procès en particulier, retourna sa veste pour prendre le parti de l’amante, après son suicide.

Michel del Castillo écrivit un livre : Les écrous de la haine qui parut 4 mois après le suicide, parlant d’une culpabilité collective. Les Lettres de prison de Gabrielle Russier furent éditées, précédées d’un témoignage de Raymond Jean, début 1970, aussi. Un film fut réalisé en 1971 par André Cayatte : Mourir d’aimer, avec Annie Girardot, vu par 4,5 millions de personnes. Trois ou quatre chansons dont celle d'Aznavour pour le film ont été consacrées à cette histoire d’amour qui posa quelques questions.

Ce que les parents, la justice n’ont pas toléré de la part d’une femme, ils l’auraient toléré de la part d’un homme. Si les amants avaient fait preuve de discrétion, il n’y aurait eu aucun scandale. Cela révèle le poids de l’hypocrisie sociale et cela, alors que le mouvement de mai 1968, mouvement de libération et d’émancipation va obtenir dans les 10-12 ans qui suivent des résultats considérables sur la mixité à l’école, l’égalité des chances, la majorité légale, pour les femmes, la contraception et l’avortement, pour les droits des homosexuels ... Cela signifie que les mentalités n’avaient pas toutes évolué dans le sens de la libération, que beaucoup de gens encore en restaient à des schémas traditionnels, même des gens cultivés et engagés comme les parents de Christian.

Le projet n’a pas pour objectif de se demander où on en est 40 après, de faire le point des avancées et reculs sur le plan des mœurs et des mentalités. Ce n’est pas un projet de sociologie des mentalités. Nous avons sollicité des auteurs dramatiques pour qu’ils lisent les deux livres évoqués et à partir de ces lectures écrivent dans une forme de leur choix, leur appropriation de cette affaire, sans oublier les personnes (parents, médecins, enseignants...) et les institutions (justice, psychiatrie, éducation nationale, université, presse...) qui ont broyé Gabrielle et en partie aussi Christian.

Une rencontre a été organisée le mercredi 3 décembre 2008 après-midi et le jeudi 4 décembre 2008 toute la journée entre les auteurs qui avaient préalablement communiqué leur(s) texte(s) et qui purent ainsi échanger sur leur double expérience, de lecteur des 2 livres et des textes des autres, et d’auteur de leur(s) texte(s). Le jeudi 4 décembre, vers 17h, enseignants intéressés, élèves informés et intéressés, public informé, artistes de compagnonnage, ont pu rencontrer les auteurs et échanger sur les partis pris choisis.

Les auteurs sont Roger Lombardot (EAT MED), Jean-Claude Grosse (EAT MED), Gérard Lépinois, Gilles Desnots (EAT MED), Albertine Benedetto, Sylvie Combe, Muriel Gébelin.

 

Un livre a été publié: Gabrielle Russier/Antigone

 

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Article sur Gabrielle Russier/Antigone

Vidéo du 4 décembre 2008

 

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Les 4 Saisons d'ailleurs
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